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La cour des grands

La cour des grands
Quand il me l'a dit, j'ai ressenti des petits picotements dans le ventre comme quand on est pressé, quand on a peur, qu'on a envie. Ce mot avait tout une signification cachée, ce mot en cachait un autre. C'était comme si on le faisait mais pas tout à fait et c'était vraiment ça qui était excitant ! Un p'tit côté rebelle-mais-pas-trop. Je me suis sentie toute heureuse, sans ces p*tains de cinq kilos en trop qui m'énerve, je me sentais belle, épanouie, je me sentais enceinte.
Ce
qui me plaisait, c'était de savoir vers quoi tout ça menait, vers la vie, une nouvelle vie, vers le prolongement du bonheur. Et puis, quand le bonheur touche les proches, c'est merveilleux comme il semble palpable. Non pas que je ne sois pas heureuse, bien au contraire, je ne l'ai jamais autant été. C'est juste que je me projetais dans ce même mot, dans ce qu'il engendre. L'extase. Le fantasme.

En
fait, je crois qu'il voulait attendre de me le dire de vive voix mais mes propres questionnements l'avaient poussé à me le dire à ce moment précis et m'avait remplie de joie. Ce qui m'excitait, c'était le détachement qu'il prenait à me l'annoncer alors que lui aussi avait cette petite boule dans le ventre, même lui, surtout lui. On était pareil. Ce qui était trop bon, c'était de feindre qu'on avait des crampes à l'estomac rien que d'en parler, rien que d'y penser.

Faire
comme si de rien, alors que tout était.

(l)


La t
aille 54 était prémonitoire...
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# Posté le mardi 26 mai 2009 08:01

Modifié le mardi 26 mai 2009 09:21

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